Extrait de juillet 2024 :
Je regarde le post Instagram pour être bien sûre que je ne me trompe pas. C’est fini. Il a arrêté le podcast. Il a arrêté le podcast. Je pleure de joie. Ça fait une semaine qu’il l’a annoncé mais je n’écoute plus sa voix et mes proches non plus. Alors, je découvre dans un post Instagram dix minutes avant d’aller chercher mon fils. Je pleure. De joie. D’émotion. Et de tristesse. Tout cela à la fois. Je pleure parce qu’il y a un truc qui est toujours cassé en moi. J’aurais le réflexe de lui écrire. De lui dire ce qui se passe. Ce que je pense et je ressens. Je tente. Mais non. Faut arrêter. Nous ne sommes que deux étrangers. Le podcast était le dernier lien. Il est coupé. C’est fini. Je peux partir la tête haute. Lorsque mes larmes tombent sur mon portable, j’écris à chacune de mes amies « c’est fini. » Les larmes déforment mon écran lui donnant un air surréaliste, mais c’est bel et bien fini. Plus jamais je ne l’aurais dans ma vie.
Extrait de septembre 2024
Edit : l’amoureux cité après a été de passage. J’ai aussi remanié le texte en supprimant quelques détails. Pour le supprimer tout court.
Alors bien-sûr, si la vie était aussi facile qu’un « c’est fini », je me serais remise de tout ça. La fin du podcast a annoncé la fin d’un lien, d’une obligation de lui parler mais les dégâts sont apparus après. Enfin maintenant. Là, tout de suite.
En juin, trois mois après le séisme, il m’est arrivé quelque chose. Je suis tombée amoureuse d’un homme, d’un homme plus âgé que moi qui n’a pas hésité à me dire à quel point j’étais une femme formidable et surtout à me le faire sentir. Et après une relation où l’amour était au goutte à goutte, que dis-je, l’attention était au goutte à goutte, j’avais besoin de ça. Bien sûr je vivais des relations équilibrées à côté mais cela rend maladivement accro de n’avoir que des gouttes. C’est aussi le but d’un narcissique.
Cette nouvelle relation, je m’en suis mefié. J’ai nié ce que je ressentais, alors que j’ai traversé la France pour voir cet homme. J’ai fait semblant de ne rien voir, j’ai eu peur, très très très peur. Et si… Lui aussi ?
Et puis quand j’ai décidé de lâcher, de vivre ma passion et ensuite mon amour, je me suis cassée les dents. La peur de l’abandon, parce que l’autre coupait le lien d’un coup. La manière de communiquer agressive parce que je n’avais fait que des rapports de force pendant trois ans. L’anxiété à se demandait si c’était moi la toxique. La sur-analyse de ce qui se passait pour me protéger. La jalousie. La jalousie profonde. Celle qui bouffe. Celle que j’avais oublié. Celle que je hais et qui fait qu’on a honte. La jalousie qui vous rend méchante.
Il avait donc laissé toutes ces petites traces de petit cafard. Toutes ces merdes.
Je pensais que la réparation allait m’emmener vers plus d’apaisement. Oui, c’est vrai, la justice, ça peut être bien, mais il y a l’après. La reconstruction. Et ça, c’est dur.
Parfois, dans des excès, je me demande comment c’est possible de m’aimer. Et si finalement, l’homme au podcast n’avait pas un peu raison de « m’aimer » quand il en avait envie.
Je pense qu’on touche du doigt la problématique de l’après. Celle que chaque victime passe. Moi je n’ose pas trop regarder en face les dégâts. J’essaye de contourner ou d’éviter de le dire. Certain.es me diront que c’était peut être trop tôt pour aimer à nouveau. Peut-être. Mes prises de conscience sont souvent violentes. Elles sont impressionnantes. Volcaniques. Mais comme je ne suis pas toxique, elles me permettent d’avancer sur ma réflexion, de cicatriser et d’améliorer mon comportement.
Le chemin a l’air tellement long. Je crois que j’ai besoin qu’on me tienne la main tout le long. Qu’on me rassure. Je sais que je vais m’en sortir. Mais j’aimerais bien que les ombres laissées dans mon esprit se dissipent peu à peu. Je veux bien les soigner à grand coup d’amour. Parce que finalement, je crois que c’est la seule manière de réparer.
Se sentir aimer.
S’aimer.
Edit : l’amoureux cité est parti avec une amie. Longue vie à eux !



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